Identité numérique et pratiques sociales

Identité numérique et pratiques sociales

Identité numérique et pratiques sociales :

journée d’échanges autour des nouvelles pratiques de l’internet.

organisée par la Médiathèque de Lorient

Jeudi 06 mai 2010

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Identité numérique et pratiques sociales

  • Les questions d’identité sont souvent d’abord les questions de nos appartenances, comme le souligne Michel Serres. L’individu se définit le plus souvent par ses relations, héritées ou construites, aux formes collectives de la société : sa famille, son territoire ou son pays, voire son voisinage, son entreprise, son métier, ses groupes d’amis, mais aussi ses engagements politiques et syndicaux, ses implications associatives ou affinitaires. Les décennies passées ont vu se modifier en profondeur bon nombre de ces formes collectives : le rapport à l’employeur et au métier s’est fragilisé, la cellule familiale s’est rétrécie, les liens sociaux sont souvent distendus ou à réinventer, les grandes organisations militantes ont perdu en influence. Quant à l’identité territoriale, nationale ou locale, elle se vit souvent comme un repli identitaire. C’est donc l’ensemble de nos relations au collectif qui se trouve modifié.
  • Les technologies de l’information et de la communication n’ont pas produit ces mutations, mais elles les outillent. Parfois au service de l’individualisme et de la fragmentation de la société. Mais de plus en plus souvent, en jouant un rôle significatif dans la réinvention des liens : les dispositifs numériques qui ont le plus de succès ne sont pas ceux qui diffusent de l’information mais ceux qui permettent l’échange et la mise en relation. Le surprenant succès de Copains d’avant, des Skyblogs de collégiens, de Meetic, des forums de Doctissimo, des nombreux sites de recettes de cuisine collaboratifs, pour ne prendre que des exemples français significatifs et appartenant aux sphères de la vie quotidienne, montre l’importance de nos besoins de sociabilité. Au travers de ces pratiques ordinaires, nous pouvons maintenant comprendre que le temps de l’évangélisation numérique est passé, avec sa technophilie et ses superlatifs enthousiastes, sa technophobie et les réticences ou inquiétudes de pans entiers de la société. On peut parler aujourd’hui du web ou des réseaux sans parler de technologies : c’est du « fait social numérique » qu’il s’agit, d’un champ social, économique, politique et culturel qui est lié tout entier à notre réalité « prénumérique »(http://www.internetactu.net/2009/01/15/les-prenumeriques/).
  • La journée du 6 mai, organisée à l’initiative de la médiathèque de Lorient, nous permet d’explorer plusieurs aspects de ce champ de pratiques.
  • Celui de l’appartenance au territoire : la plupart des réseaux sociaux nous permettent d’indiquer notre origine géographique, et c’est sans doute l’information la plus facilement fournie (plutôt que le sexe, l’âge, le métier,…). La présence de groupes Facebook, de blogs locaux, de réseaux sociaux territoriaux ou de nombreux autres dispositifs dessine un paysage « hyperlocal » très riche et révélateur de liens, de pratiques sociales et culturelles, pourtant souvent sous les radars des acteurs publics territoriaux.
  • C’est un champ de travail à part entière, et pourquoi pas en Pays de Lorient.
  • Celui de l’emploi et des appartenances professionnelles : nous sommes entrés dans l’ère de la « recherche d’emploi tout au long de la vie », l’emploi stable (CDI ou statuts publics) étant devenu minoritaire dans la population active. Les TIC outillent à la fois les modalités de cette transformation (places de marché de l’emploi en ligne, CV et e-portfolios) et les dispositifs de continuité ou de reconstruction des liens. Entre les formes les plus valorisantes de l’ »éditorialisation de soi » et le précariat le plus désarmé, les changements à l’œuvre méritent un échange éclairé.
  • Ceux de l’éducation, de l’appropriation, de la culture : vivre dans le même monde, c’est partager la connaissance et le langage, disposer des moyens de s’exprimer et d’échanger. L’appropriation numérique et  l’e-inclusion sont des chantiers de longue haleine, d’autant plus déterminants que les technologies de l’information, en se généralisant, peuvent s’avérer excluantes. L’horizon d’une société de la connaissance qui soit plutôt une société des « connaissants », donc des apprenants, est mobilisateur pour les acteurs de la culture et du savoir. Tout reste à inventer en la matière : les formes de médiation, les formes collectives, la transformation des relations aux lieux, aux espaces publics,…

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  • Au-delà de l’intérêt des interventions, cette journée sera, si chacun y contribue, un moment d’échange et de construction collectivepouvant déboucher sur des pistes concrètes : un lien renforcé entre acteurs à l’échelle de Lorient et de la Bretagne, des projets à construire dans les domaines des réseaux sociaux et médias territoriaux, des démarches à conforter dans les domaines de l’intervention sociale et de l’emploi. Et, nous l’espérons, un partage accru des enjeux collectifs.

Jacques-François Marchandise

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Objectifs de cette journée :

  • Échanges sur les enjeux des changements d’usages d’Internet et des pratiques sociales en évolution.
  • Rencontre entre médiateurs des technologies de l’information et de la communication, professionnels de l’informatique, chercheurs sur l’évolution du web et ses pratiques sociales, et le public intéressé.

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Déroulement de la journée.

Le matin : présentations / conférences

Après-midi : ateliers d’échanges dans les salles de travail de la Médiathèque

Fin d’après-midi, dans l’auditorium, synthèse des ateliers – clôture de la journée

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PROGRAMME

9h30 : introduction par Emmanuelle Williamson

(Adjointe au Maire / Culture et patrimoine – Ville de Lorient)

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Les conférences du matin sont animées par Jacques-François Marchandise de la FING. (Auditorium de la médiathèque).

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  • Ouverture

Identité numérique de quoi parle-t-on ?

Jacques-François Marchandise, directeur de la recherche et de la prospective de la FING (Fondation internet nouvelle génération).

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E-Inclusion et identité numérique

Michel Briand, Président de Créatif, vice-président de Brest Métropole Océane.

Gilles Le Couster, Cofondateur et chargé de mission au sein de l’association Défis.

Julian Jambou, animateur multimédia,  association Défis . Espace Public Numérique de Plœmeur

Annabelle Boutet,  Sociologue des usages ; Maître de conférence à ENST Bretagne.

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Document :

  1. diaporama : Identité numérique et pratiques sociales. Annabelle Boutet

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Usagers et usages d’Internet dans

les espaces publics numériques

Mickaël Le Mentec , Doctorant, M@rsouin, LUSSI (Telecom Bretagne) et CREAD (Université Rennes 2).

Rachel Violo, animatrice multimédia, Ville de Lorient, Espace Public Numérique (EPN)  Kervénanec.

Christelle Kerdal, animatrice multimédia, Médiathèque municipale Eugène Guillevic, Hennebont.

Réactions et compléments …

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Internet et la recherche d’emploi : nouveaux outils, nouveaux usages

Thierry Raffin : Conseiller technique du directeur du support aux opérations –  Direction Régionale Bretagne de Pôle Emploi.

Hugues Aubin, Chargé de mission TIC – Ville de Rennes.

Régis Chatellier, Chargé de mission : animation et coordination d’un Wiki de territoire et du réseau social La Ruche,  Association BUG.

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Les réseaux sociaux et territoires : l’exemple de la ville de Rennes

Hugues Aubin, Chargé de mission TIC – Ville de Rennes.

Régis Chatellier, Chargé de mission : animation et coordination d’un Wiki de territoire et du réseau social La Ruche,  Association BUG.

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Bilan de la matinée.

Jean-Pierre Quignaux,  chargé de mission:  «  Services et Usages Numériques, Innovation et Aménagement numérique du territoire  »  à l’association des départements de France.

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  • Pause déjeuner ( restauration libre )

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reprise à 14 h 15 avec quatre tables rondes participatives.

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  • 14 h 15 –15 h 30

Table n°1 :

E-inclusion : état des lieux en Bretagne, qu’en est-il de l’Internet solidaire ?

En quoi l’identité numérique peut devenir un facteur d’intégration sociale dans nos territoires ?

Animé par Philippe Denis, (médiathèque de Lorient), avec :

  • Gilles le CousterDéfis (Lanester)
  • Annabelle Boutet, Marsouin (Telecom Bretagne, Brest)
  • Mickaël le Mentec, CREAD (Rennes 2)

Compte Rendu de cet atelier :

ci-dessous le résumé de la table ronde du 6 mai sur la e-inclusion

La table ronde a été consacrée à tenter de définir ce qu’est la e-inclusion…

1/ S’approprier les outils technologiques pour ceux qui en sont éloignés. Cela nécessite de mettre en confiance les personnes, de leur donner ou redonner de l’estime de soi, de les encourager à communiquer avec les autres. On parle souvent de fracture numérique ou de fossé numérique. La notion d’e-inclusion n’est pas grand public. De toute façon avec le numérique, on est en décalage constant tant les technos avancent vite.

L’exclusion des outils ne concerne pas forcément les gens âgés.

Il y a 2 niveaux d’exclusion aujourd’hui : les gens équipés mais qui ne maîtrisent pas le matériel et les gens qui complètement éloignés des outils

2/l’interactivité est le maître mot de l’internet. On n’est plus seulement dans un monde de l’information mais dans un monde où chacun peut agir sur l’autre d’où un sentiment accru d’isolement pour ceux qui n’y ont pas accès. On arrive même à exclure des gens de conversations !

3/ la e-inclusion, c’est déjà la maîtrise de l’écrit, du français, d’un certain niveau de réflexion. L’omniprésence des outils informatiques et de l’internet n’est qu’un révélateur des difficultés existant par ailleurs. Les « e-inclus » ne sont pas plus citoyens que les autres. On veut nous faire croire que la norme est dans l’internet et la techno mais c’est un peu de l’intox car si on regarde bien, par ex, il y a 17 millions de comptes sur Facebook sur 60 millions d’habitants… et combien de comptes vraiment actifs !? Il faut arrêter de mettre du « e » partout ! Il y a une surmédiatisation de l’informatique. Les outils étaient au départ faits pour les professionnels et ils sont entrés dans les foyers… mais quels sont les besoins réels ? qu’est-ce que les gens en attendent ? parfois la visite dans un lieu comme un cyber n’est qu’un prétexte pour sortir de chez soi et rencontrer d’autres gens !

4/ la demande des gens a changé au fil du temps ; on veut connaître les usages et on se focalise moins sur la technique pure. Un travail sur le vocabulaire est déjà fructueux pour ne pas paraître idiot… même si on n’utilise pas de « chat » ou de « mail » ou de « webcam »… le simple fait de savoir de quoi on parle, est vécu positivement. Malgré tout, lors des initiations, les gens viennent souvent sans idée précise de ce qu’ils peuvent attendre de l’informatique ou d’internet… Ils veulent « faire de l’informatique » pour ne pas paraître largués par rapport aux autres (enfants, conjoint, collègue,…) et il faut discuter pour en savoir plus sur ce qu’ils attendent vraiment. On sait aussi qu’il est difficile de toucher les gens qui ne viennent pas d’eux-mêmes se renseigner sur les TIC. Le travail des cyber ne sort pas des murs de l’établissement. Il serait important de toucher les gens chez eux, là où ils travaillent, là où ils sont d’une manière générale… il faut donc trouver des partenariats pertinents pour aller plus loin et travailler en fonction des publics.

5/ne pas négliger l’aspect économique de la chose. La multiplication des téléprocédures est aussi une façon pour l’état ou les collectivités de dimininuer les coûts de traitement de certaines démarches (moins de personnel au guichet, moins de papier distribué, saisie directe par l’usager,…) La e-inclusion fait partie d’un vaste plan de réforme de l’administration qui vise à faire baisser les charges publiques. Les choses s’imposent petit à petit aux gens (sncf, impôts, les radios qui vous disent d’aller chercher des compléments d’infos sur leur site web…) au départ ce n’est pas un choix des usagers. Il y a des intérêts financiers à cette e-inclusion : achat matériel, abonnement fournisseur, accessoires associés. On peut aussi s’interroger sur tous ces services publics qui sont désormais accessibles via des connexions privées ! Les cybercentres sont tout à fait indiqués pour des usages ponctuels. Pour certains, c’est suffisant de pouvoir accéder une fois de temps en temps dans un lieu public, sans charge permanente. Les équipements et  abonnements à bas coût font partie de la stratégie d’inclusion pour les assos comme Défis.

6/l’exclusion existe aussi dans le monde du travail entre les employés « in » et les employés « off » même si dans certains emplois les techno ne sont pas utiles, les collègues « off » ont l’impression de rater quelque chose s’ils n’ont pas accès aux intranets par ex. Les installations de bornes ici ou là sont des solutions techniques  souvent demandées par les syndicats. Malgré leur installation, les bornes ne sont toujours satisfaisantes car les formations ou accompagnement manquent. Les gens n’osent pas les utiliser car s’ils sont en échec ils n’osent rien demander et on tourne en rond !

Table n°2 :

Réseaux sociaux et territoires en Bretagne

Gil Van Meeuwen (Médiathèque de Lorient), avec :

  • Michel Briand, Créatif, Brest Métropole Océane.
  • Hugues Aubin,  Ville de Rennes
  • Régis Chatellier, Association Bug (Rennes)

  • 15 h 45 – 17 h

Table n°3 :

Le E.recrutement et la réputation en ligne ( outils , enjeux, usages )

Philippe Denis, (Médiathèque de Lorient), avec :

  • Thierry Raffin, Pôle emploi Bretagne
  • Rachel Violo, EPN, quartier Kervénanec
  • Mickaël le Mentec : CREAD (Rennes 2)

Table n°4 :

Web Social et identités numériques

– De la sortie du ghetto récréatif à de nouveaux enjeux

Société de la connaissance et territoires  : vers une société des connaissants/apprenants ?

…. Bibliothèques et autres acteurs du savoir comme acteurs du maillage territorial.

 

Gil Van Meeuwen (Médiathèque de Lorient), avec :

  • Jacques-François Marchandise, Fing
  • Jean-Pierre Quignaux, Association des départements de France
  • Sylviane Guittonneau, Bibliothécaire, ADDNB, Médiathèque François Mitterrand, Lorient.

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  • 17 h – 18 h

Synthèse collective des ateliers – clôture de la journée et cocktail.

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document : Informatique, libertés, identités

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Pour toute information : courriel

gvanmeeuwen@mairie-lorient.fr

 

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